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_____- Arrête de bouger comme ça, Michael, c'est super agaçant !
__Ils étaient tous deux enfermés dans une salle d'interrogatoire depuis quatre heures, et se demandaient pourquoi l'inspecteur tardait tant. Michael n'arrêtait pas de changer de position sur sa chaise, de tapoter nerveusement les accoudoirs, de se lever pour faire les cent pas, de se rassoir ... Megan, quant à elle, était enfoncée dans son siège, la tête renversée en arrière et les jambes étendues devant elle, à réfléchir aux réponses qu'elle pourrait donner à Marissa.
_____- Mais imagine que ça reste dans notre casier ? Comment je pourrais devenir avocat après un cambriolage ?
_____- Bah entraîne-toi pour plus tard ! lâcha son amie. Défends notre cause ! Et puis c'était pas un cambriolage ! Rappelle-toi, on a juste récupéré mes affaires !
__La porte s'ouvrit brusquement, et l'inspecteur entra. Michael retourna sur sa chaise en un éclair, Megan tourna juste la tête pour s'intéresser à Marissa. Celle-ci se traînait, des cernes profonds marquaient son visage, et on pouvait lire la fatigue dans ses yeux et dans chacun de ses gestes. Elle ne devait pas avoir beaucoup dormi. Mais l'inspecteur se rendit vite compte de son attitude, se redressa, et son visage retrouva son imperméabilité. Pendant quelques secondes, Megan avait perçu une once d'humanité chez son bourreau.
_____- Vous aimez les ennuis, Megan, je me trompe ? commença Marissa, avec une voix qui trahissait sa fatigue, en s'asseyant en face des deux amis.
_____- Pourquoi ? répondit la jeune fille avec insolence.
_____- Parce que vos voisins ont été tués cette nuit.
_____- Quoi ? Mes ... mes voisins ? fit-elle, choquée, son insolence tombée à l'eau. Lesquels ?
_____- Les Unschuldiger, comme par hasard ceux qui ont entendu les coups de feu le soir de la mort de votre famille. Et, par le plus grand des hasards, vous étiez justement dans les alentours, c'est-à-dire près de votre maison, lorsque ceci s'est produit.
_____- On est juste venu chercher ses affaires ! lâcha Michael, paniqué.
_____- La ferme, Michael ! siffla Megan entre ses dents. On est à un interrogatoire, c'est-à-dire qu'on doit répondre aux questions qu'on nous pose. Or, l'inspecteur ici présent n'a posé aucune question.
_____- Vous ne devriez pas reprocher à votre ami son choix de parler, vous savez ? Vous devriez d'ailleurs essayer, ce serait très pratique en situation critique. Et puisque celle-ci en est une, commençons maintenant ! Racontez-moi tout. Pourquoi avez-vous voulu entrer dans votre maison la nuit ? Pourquoi ne pas avoir demandé à récupérer vos affaires durant la journée ? Pourquoi vous entourer ainsi de mystères ? Pourquoi êtes-vous toujours au mauvais endroit au mauvais moment ?
_____- Je vous en pose, moi, des questions ? l'agressa-t-elle en se refermant comme une huître.
_____- Pourquoi agressez-vous les gens ainsi ? continua-t-elle. Pourquoi vous en prenez-vous à votre petit ami ?
_____- On ne sort pas ensemble ! s'écrièrent-ils d'une même voix.
_____- Bon, soupira Marissa. Puisque vous ne voulez rien me dire, j'ai une nouvelle pour vous. Vos parents avaient indiqué sur leur testament chez qui vous devriez loger si ils mourraient alors que vous étiez encore mineure.
_____- Ah. Et alors ? Qui sont-ils ? demanda Megan en imitant la voix nasillarde de l'inspecteur pour se moquer d'elle. Habitent-ils à côté ?
_____- "Habitent-ils à côté ?" imita Michael en foudroyant son amie du regard. T'aurais pas pu trouver autre chose à dire ? Je sais pas, moi, par exemple, dans quel genre de bâtiment sont-ils ?
_____- Quoi ?! s'indigna-t-elle. Me regarde pas comme ça ! Comment j'aurais pu savoir qu'ils habitent dans un manoir ?!
_____- Et même peut-être un manoir hanté, ajouta le jeune homme avec un frisson d'effroi.
_____- Arrête d'être aussi froussard et réfléchis un peu ! Jamais on n'enverrait quelqu'un habiter dans un manoir hanté ! N'est-ce pas ? ajouta-t-elle, guère rassurée.
_____- Il est l'heure d'y aller, Megan, dit l'assistante sociale en s'approchant d'eux.
_____- Bien. C'est ici que je te laisse, lâcha Michael et lui claquant un baiser sur la joue.
_____- Espèce de lâcheur, bouda la jeune fille.
_____- Mais nan, je suis pas un lâcheur ! La preuve, c'est que si t'as besoin d'aide, tu peux venir squatter chez moi sans problème ! Et puis Aimy reviens dans sept jours, tu pourras lui parler de tout ça !
_____- Ok. Alors à plus !
_____- A plus ! dit-il en s'éloignant.
_____- Votre petit ami est charmant, fit l'assistante sociale.
_____- C'est pas mon petit ami ! gronda Megan. Merde, pourquoi est-ce que personne ne croit aux relations amicales entre une fille et un mec ?
_____- Parce que souvent, à votre âge, ça se finit au lit.
__Megan souffla d'exaspération, appréciant tout de même la sincérité de cette femme. Elle avança d'un pas déterminé vers le manoir, décidée à en finir au plus vite. L'assistante sociale la suivit devant la porte, et toqua distinctement.
__Oui, les adultes toquent distinctement pour montrer qu'ils sont sérieux, qu'on peut leur faire confiance, qu'il n'y a aucun problème avec l'aspirateur high-tech qu'ils veulent vous vendre à un prix dérisoire. Et les autres y croient (jusqu'à ce l'aspirateur vous crache toutes ses poussières à la figure) parce que croire à quelque chose ce n'est pas difficile, parfois il suffit juste de se mentir à soi-même et de "faire comme les autres". "Quand on pense qu'il suffirait que vous l'achetiez pas pour que ça se vende pas" se dit Megan en pensant à cette phrase que son père répétait tout le temps. Elle, elle ne croyait pas à ce genre de choses. Elle faisait parti de ces personnes méfiantes, qui ont besoin de voir, de sentir, pour croire.
__La porte s'ouvrit. Une femme magnifique, aux superbes cheveux blonds bouclés et aux yeux d'un bleu hypnotique, s'avança. Elle scruta longuement le visage de la jeune fille.
_____- Enfin, te voilà, Megan, dit-elle d'une voix profonde et sensuelle.
_____- Euuuh ... Qui vous a annoncé mon arrivée ? se méfia Megan.
_____- L'inspecteur Unnach-Giebig m'a appelée il y a trois heures, évidement ! Oh, mais je manque à tous mes devoirs ! Entrez, je vous en prie.
__L'extérieur du manoir n'était rien comparé à l'intérieur. Le parquet grinçait sous les pas, le papier peint était en partie brûlé ou arraché, et une odeur de moisi flottait dans l'air. Il faisait sombre, les meubles étaient vieux et sûrement rongés par les mites, et la poussière et la graisse rendaient les fenêtres opaques. La seule lumière présente était la femme qui venait d'ouvrir. Sa beauté irradiait, illuminait, détonait avec la pièce, on se demandait si elle ne s'était pas trompé de maison.
__Elle les invita à s'assoir dans des fauteuils datant au moins du siècle dernier, après avoir fait descendre les neuf chats qui dormaient dessus. Megan s'installa précautionneusement sur l'un des fauteuils en regardant discrètement autour d'elle, jetant parfois quelques coups d'oeil à l'assistante sociale pour la supplier de ne pas la laisser dans un endroit aussi lugubre.
_____- Désirez-vous une collation ? demanda la femme, continuant à s'appuyer sur sa politesse pour garder son sourire forcé, pourtant bien visible.
_____- J'accepterais volontiers une tasse de café, dit simplement l'assistance sociale.
_____- Non merci, madame Seltsam.
_____- Oh, ne t'embête avec ça. Appelle-moi Sacha, ajouta-t-elle avec, cette fois-ci, un vrai sourire, un sourire tendre et amical.
__Un entretien se déroula entre l'assistante sociale et madame Seltsam durant tout l'après-midi pour déterminer si elle était apte à recueillir la jeune fille ou pas. Megan y apprit que Sacha était sa cousine éloignée, qu'elle avait deux enfants, une de 12 ans et un de 15, et que son mari était tout le temps en voyage. L'assistante sociale sembla penser que madame Seltsam était digne de confiance, car elle quitta la maison à la fin de l'après-midi, laissant dans l'entrée les huit valises que la jeune fille avait pris soin de préparer le matin même.
__Megan regarda la porte d'entrée se refermer avec une pointe de détresse, et monta ses valises au troisième étage, aidée de Sacha. Puis celle-ci la conduisit au deuxième étage, laissant les valises devant la porte de la chambre de la jeune fille. Elles entrèrent dans une chambre de fille. Des centaines de poupées recouvraient le papier peint à fleurs et le lit à baldaquins à moitié déchirés. Megan frissonna d'effroi en détaillant les poupées. Elle en avait toujours eu horreur, pareil pour les clowns, ils la terrifiaient. Une fillette sortit brusquement de derrière le lit, faisant sursauter la jeune fille. Elle avait les mêmes cheveux sublimes que sa mère, mais les avait attachés en deux couettes sages, qui encadraient parfaitement son visage d'ange et ses grands yeux verts malicieux. En apercevant Megan, elle écarquilla les yeux et baissa la tête.
_____- C'est elle, maman, n'est-ce pas ? demanda la fillette de sa voix fluette.
_____- Oui, chérie. C'est Megan. Allons, ne soit pas timide, approche. Bien. Donc, Megan, je te présente Dylan, ma fille. Elle a 12 ans et est en Terminale. Oui, je sais, elle a beaucoup d'avance pour son âge. Nous sommes très fiers d'elle dans la famille ajouta-t-elle avec un sourire tendre pour sa fille. Dylan, tu connais déjà à peu près Megan, puisque je t'en ai parlé tout à l'heure.
_____- Bien entendu ! fit la fillette avec un air d'émerveillement à l'adresse de Megan.
_____- Bon. Maintenant que tu connais Dylan, je vais te présenter mon fils, Cameron.
_____- D'accord, osa-t-elle seulement.
__Elles quittèrent la chambre de Dylan sous son regard de plus en plus admiratif, qui mit Megan mal à l'aise. Elles montèrent au quatrième étage tandis que Sacha expliquait à la jeune fille que la maison était si grande que chacun utilisait un étage. Le troisième étage serait donc SON étage. Elle ouvrit la porte de la chambre du dénommé Cameron, en pensant qu'elle avait atterri chez la famille Adams.
Chapitre trois bouclé !^^
Je suis plus ou moins déçue de ce chapitre. =/
(à part l'interrogatoire qui m'a éclatée xD)
J'attends vos avis !
May <3
Comment ressentez-vous l'entrée de Megan dans sa nouvelle maison ?
Que vous inspire le meurtre de ses voisins ?
Que pensez-vous de Sacha ?
De Dylan ?
De Michael ?
De Megan ?
Pressentiments ?
Prédictions ?
Piix : Sacha Seltsam, alias Denise Richards